GVO

lundi 26 février 2018

Appel

Suite aux informations et données relatives à la persistance de la pratique de la torture et de la maltraitance  et à l'étendue alarmante des exactions commises à travers le pays  et au soupçon relatif à une mort suspecte ayant eu lieu  en détention ,moi ,Lina Ben Mhenni ,blogueuse et défenseuse des droits humains, j'appelle de tout mon cœur  les trois présidents (MM.les présidents de la République ,de l'assemblée des représentants du peuple et du Gouvernement de publier )à faire publier instamment une déclaration commune affirmant l'engagement de l'Etat à faire cesser et criminaliser la torture et la maltraitance et à se conformer en cela aux dispositions de la Constitution et des conventions internationales.
J'appelle aussi les ministres de l'intérieur et de la justice de s'exprimer publiquement sur la question et à signifier à tous leurs personnels qu'aucune exaction ne sera dorénavant tolérée .
j'appelle enfin la société civile à se mobiliser de façon particulière pour exiger qu'il soit mis fin à l'impunité e, aux discours de justification et aux alibis.



lundi 12 février 2018

كوني انت



في العادة لا أحبّذ مشاهدة الأفلام التجارية و لكن أمس دعيت لحضور العرض قبل الأوّل أو العرض الأوّلي لحبّة كراميل في تونس . الفيلم ,و ان كان تجاريّا , يطرح مشكل التجاء النساء الى عمليات التجميل المكثّفة باستعمال السيليكون و البوتوكس و غيرها من التقنيات التي لا افقهها ارضاء ا لزوج أو لمقاييس جمالية يفرضها المجتمع اليوم . في الفيلم دعوة الى القبول بأجسادنا و ذواتنا و البحث عن جمالنا الداخلي ووضع مقاييسنا الخاصّة: كوني انت . 




و عادت بي الذاكرة الى فترة من حياتي, شوّه فيها المرض جسدي و رسمت خلالها العمليات المتتالية عليه ندوبات و آثار كنت اعتبرها مقرفة ممّا دفعني الى التفكير في الخضوع الى عمليات تجميلية , عدلت عنها بعد أن قمت بحصّة تصوير تجرّدت فيها من ملابسي و أحببت فيها جسدي من جديد .يومها اقتنعت أنّ تلك الآثار هي قصّتي و تاريخي و هي شهادة على تجاوز فترة صعبة من حياتي و على انتصار على مرض عنيد كاد يودي بحياتي .
بعدها شوّه ضرب البوليس ساقي اليسرى و صرت أخجل من ارتداء التنورات و الفساتين و لكنّني دخلت من جديد في حوارات مع الأنا و تجاوزت ذلك ... و كنت أنا ...
لست عارضة أزياء و لا تعنيني مقاييس الجمال التي يضعها خبراء الجمال و التجميل . أنا امراة عندي تاريخ أريد أن أحفظه على جسدي . أنا هي أنا .

samedi 3 février 2018

قعدة فوق السطح ...

و ينطلق الجسد في رقصة محمومة ... ذاك الفستان الأسود يبدو غير لائق بالسهرة فتطلب من صديقة لها غطاء رأس بمسحة تونسية ( فولارة ) لتربطها حول خاصرتها و هي تردّد في قرارة نفسها أغنية من التراث الجبنياني عرفتها بصوت الرائعة لبنى نعمان كبّي الفولارة يا البيّة ..تطلب قارورة من الخمر و تجلس رفقة الصديقات و الأصدقاء ليتفاجؤوا بدقّ الطبول و نفخ المزامير و أنغام المزود فأطلقت لجسدها العنان غير مكترثة بالأعين المحدّقة عملا بالمقولة ارقص و كأنّ لا أحد ينظر اليك . 





ليلتحق بها صديق من جزيرة جربة و ينطلقان في رقصة ثنائية و أنغام من قبيل و عالشالة و عالشط و غيرها تمرّ عبر الذهنين المتماهيين في تلك الرقصة ... كانت ترقص و بعد اكثر من ساعة توقّفت الفرقة النحاسية عن العزف ليبدأ صلاح الفرزيط في عرض شدّ الجميع و حرّك خاصرات الجميع رجالا و نساءا من ارتدوا الجبّة و الدنقري و القشابية و من لبسوا أغلى الماركات العالمية على حدّ السواء ... ارضا علينا يا المّيمة رانا مضامين نستنّا في العفو يجينا من 76 و قالولي روّح برّاني يا و ميقودة و غيرها ... شابات و شبان في مقتبل العمر جمعهم حبّ التراث التونسي و حبّ الحياة و البحث عن الأمل ... الرغبة في العيش و بعض من وجع الوطن . رقصت رقصت رقصت حتّى غطّت حبّات العرق جسدها و مع ذلك لم تتوقّف رقصت لتنسى لتنسى هتافات بعض أبناء الوطن في نفس اليوم في مكان غير بعيد : تحيا فرانسا رقصت لتنسى ... شربت لتنتشي لسويعات تنسى فيها قبح الزمن 

Une vie, un parcours !

Plusieurs personnes m'ont demandé de traduire ce texte que j'ai écrit en Arabe en Août dernier Voilà j'ai essayé de le faire comme je l'ai pu:



« Je ne suis pas entrain de griffonner ces mots pour jouer les héros. Je suis entrain de les écrire pour celles et ceux qui m'envoient des messages pour me demander des conseils relatifs à l'expérience de la maladie et à la résistance face à ce genre de souffrance.

Je dédie ces mots à une femme tunisienne qui m'a écrit pour me signifier son désir de se tuer avant que la maladie ne lui ôte la vie.

J'ai vu le jour dans une famille appartenant à la classe moyenne. Mes parents étaient tous les deux employés du secteur étatique.

Comme tout le monde nous avons eu à vivre des moments de bonheur ainsi que des périodes difficiles et sombres. Parfois tout allait bien. D'autres fois, le tunnel semblait être sans fin ! 

Bref, j'ai vécu, grandi, étudié, ai été éduquée . J'ai pu visiter les différentes régions de la Tunisie mais j'ai pu aussi aller sous d'autres cieux puisque j'ai des parents si tendres et passionnés qui sont prêts à faire tous les sacrifices pour m'élever, m'éduquer, et m'offrir une vie décente.

Pendant 11 années j'ai vécu normalement jusqu'au jour où j'ai eu la maladie du Lupus érythémateux disséminé LED. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette maladie, je dirai rapidement qu’il s'agit d'une maladie chronique auto-immune, qui consiste grosso-modo dans un dysfonctionnement du système immunitaire qui se met à s'attaquer aux cellules de l’organisme et les détruit. Il peut toucher de nombreuses parties du corps, dont les articulations, la peau, mais surtout les organes vitaux ou nobles comme les reins , le cœur, etc. C'est la raison pour laquelle on parle de lupus disséminé ou « systémique ». Le lupus peut causer des symptômes aussi différents que des poussées de fièvre inexpliquées, des douleurs et un gonflement des articulations, des troubles de la vision et bien d'autres.

Comme vous l'avez bien compris, il s'agit d'une maladie chronique qui vit toujours en moi. C'est une maladie incurable! Une maladie qui risque de s'attaquer à n'importe quel organe vital de mon corps et à n'importe quel moment.

Cette maladie a fait basculer ma vie ! L'adolescente, de la petite ville balnéaire d'Ezzahra, pleine de vie, de volonté et que j’étais, qui passais une grande partie de mes journées entre la plage , la salle de Basket-ball , le terrain de tennis, et la salle de gymnastique ; celle qui jouais au football avec les mecs de son quartier m’étais retrouvée dans une situation de faiblesse voire d'invalidité. 

On me nourrissait, me mettait mes vêtements comme si j'étais un nourrisson. 
Je ne pouvais plus rien faire de moi même. 
Je fus privée de mon plus grand amour : la mer que j'aimais tant parce que je n'avais plus le droit de m'exposer au soleil.
Je fus privée d'un régime alimentaire normal comme je devais prendre des corticoïdes et suivre un régime sans sel. Finies les longues soirées avec les copines et les copains devant la pizzeria in de la ville !
Oui ma vie a basculé. Je vivais dans les douleurs. Mes articulations étaient constamment gonflées et raides
J'ai vu mon corps se métamorphoser. Les vergetures ont envahi mon corps, des éruptions cutanées rouges apparaissaient sur ma peau chaque fois où je m'exposais un tant soit peu au soleil. Une plaque rouge en forme de papillon m’enlaidissait le visage. J'ai commencé à avoir des problèmes respiratoires et mes jambes gonflaient ou enflaient.. La couleur de ma peau a changé.

Pour l'adolescente que j'étais cela représentait ou du moins pouvait être vécu comme étant la fin du monde. Moi qui cherchais à être coquette je ne pouvais plus mettre de petites robes à cause de mes vergetures. Les œdèmes que j'avais aux pieds m'empêchaient de mettre des sandales.
Mais les choses, ne s'arrêtaient pas là. La maladie m'a plongée dans un état dépressif et m'a causé des problèmes de mémoire.

A un certain point de cette expérience, j'ai du subir une chimiothérapie et je ne vais pas là m'étaler sur la souffrance qui accompagne ce traitement.

Cependant et grâce au soutien de ma famille j'ai pu dépasser une partie de cette souffrance. Mon père passait des heures et des heures à discuter avec moi et a réussi à me convaincre que souffrir est une partie inévitable de la vie et qu'il fallait résister et se battre.

J'ai changé mes habitudes et mes activités. J'ai changé le rythme de ma vie et j'ai créé mon nouveau monde fait de livres, de musique, de cinéma , de théâtre, etc.

Ma nouvelle vie se partageait essentiellement entre la maison, le lycée, et l'hôpital. 

Et c'est durant mes longs séjours à l'hôpital que j'ai commencé à voir la réalité des choses en Tunisie. J'ai pu « palper » la souffrance et la détresse des humains. J'ai vu des enfants abandonnés par leurs familles parce qu'ils étaient malades mais qui continuaient à lutter pour vivre. J'ai été témoin de la mort de personnes qu'on n'a pas pu sauver faute de moyens et d'équipements.

Malgré ces séjours fréquents à l'hôpital, j'ai tenu à poursuivre mes études dans des conditions très difficiles. Je devais m'absenter fréquemment. Je souffrais constamment et les douleurs me déchiraient le corps. Parfois, je n'arrivais même plus à tenir un stylo pour écrire mais j'ai fini par obtenir mon baccalauréat.

C'est vrai que j'ai abandonné certains de mes rêves d'enfance comme celui de l'intégration de l'Académie Militaire qui représentait pour moi la forme la plus noble du patriotisme, ou celui de devenir médecin et soulager les douleurs des humains. Mais voilà j'ai obtenu mon bac en sciences expérimentales malgré tous les obstacles que j'ai du rencontrer. Et j'ai décidé de faire un autre changement dans ma vie en choisissant de m'orienter vers des études littéraires.

J'ai excellé dans mes études malgré la maladie et les absences. A la remise des notes, certains enseignants cherchaient à me voir car ils ne me connaissaient pas. De plus, étant une personne introvertie je ne parlais pas beaucoup en classe.

J'ai progressivement appris à vivre avec ma maladie, à limiter ses poussées et à me consacrer à mes études. Mais un malheur ne vient jamais seul. 

Durant l'année de la maitrise, j'ai perdu mes deux reins. Et oui le Lupus LED a eu raison de ces organes vitaux. Je me suis retrouvée de nouveau dans les lits des hôpitaux. Pour mes examens, je devais sortir de l'hôpital pour aller passer les différentes épreuves avant de retourner à la chambre lugubre de l'hôpital puant les maladies voire la mort.

Tout au long de chaque épreuve, mon père m'attendait devant la salle de classe puisqu'il s'est engagé avec les médecins à faire cela pour qu’ils me permettent de sortir de l'hôpital. En effet, je pouvais perdre conscience ou mourir à chaque instant. 

Grâce au soutien de mes parents, ma grande famille, mes enseignants, mes médecins, le personnel hospitalier, les amis proches de ma famille j'ai pu rédiger mon mémoire de fin d'études à l'hôpital et j'ai fini majeure de ma promotion.

A ce moment là , on me faisait différentes analyses etc et le verdict est tombé. Je devais être dialysée. Un nouveau calvaire a commencé pour moi.

Après une période où j’ai été régulièrement hémodialysée. J'ai choisi la dialyse péritonéale à domicile. Il s'agit là d'une technique extrarénale utilisant le péritoine comme membrane d'échange entre le sang chargé de déchets et un liquide stérile introduit de façon répétitive dans l'abdomen . Cette technique se pratique de façon quotidienne nécessitant plusieurs échanges pendant le jour selon une technique dite par sachets (DPCA) ou par cycleur, surtout utilisé la nuit (DPCC).
J'ai eu recours aux deux techniques citées ci-dessus et j'ai du apprendre plusieurs modalités d'asepsie pour éviter la péritonite, qui est une inflammation du péritoine qui peut mener jusqu'à la mort. 
J'ai dû apprendre à vivre avec un cathéter en plastique souple dont une partie d'environ 30 cm demeure à l'extérieur et que je n'arrivais pas à cacher même en portant des vêtements amples. Et oui la jeune fille qui adorait la mer ne pouvait même plus prendre autant de bains et de douches qu'elle le voulait. De plus, elle s'était retrouvée dans une sorte de prison à cause de nombre d'heures qu'elle devait passer reliée au cycleur et qui pouvaient atteindre 10 heures par nuit.
Malgré toutes les précautions, j'ai fini par attraper une péritonite. Et j'ai failli y laisser ma peau. 
J'ai passé un bon nombre de jours sur un lit d'hôpital à demi-consciente. J'ai perdu la parole et je ne pouvais plus bouger. Mais j'ai réussi à dépasser cette épreuve aussi.

J'ai par la suite tenu à poursuivre mes études et je me suis inscrite au Mastère et je l'ai obtenu brillamment.

Sans rien me dire mon père et mon oncle, un médecin, et qui avaient déjà discuté ensemble de l'éventualité de me donner un rein se sont présentés à l'hôpital pour faire les analyses nécessaires pour une greffe rénale mais les tests ont révélé qu'ils ne pouvaient pas le faire. En apprenant cela ma mère a été furieuse parce qu'elle estimait que c'était à elle de me faire ce don et parce qu'on ne l'avait pas préalablement informée de ces démarches.

Après un long parcours d'analyses et de tests psychologiques, ma mère a pu enfin me mettre au monde une deuxième fois en m'offrant son rein. Je n'oublierai jamais ce jour. 

C'était un 14 février 2007, un Saint Valentin ou j'ai eu la plus grande preuve d'amour qu'on puisse avoir. 
Ce matin là, nous étions toutes les deux sur des brancards, nous avions échangé des sourires avant qu'on nous amène dans deux salles d'opérations adjacentes. Les derniers souvenirs qui me sont restés après cet instant là dans la mémoire c'était le grand nombre de médecins et infirmiers qui étaient présents et mon anesthésiste qui me racontait des blagues.

Après de longues heures, je me suis réveillée. J'ai aperçu mon père qui me faisait le signe de la victoire derrière la vitre de la salle stérilisée où j'étais alitée. J'ai aussi respiré normalement après des années et des années de souffrance.

Mon frangin né l'année au cours de laquelle j'ai eu le lupus LED a beaucoup souffert à cause de ma maladie puisque toute la famille se consacrait à mon traitement. Il a fait beaucoup de sacrifices et est devenu mature étant encore enfant. Il a aussi appris beaucoup de choses de la vie et c'est pour cela qu'il a brillé dans ses études et que toute la famille est fière de tout ce qu'il a accompli.

Après une longue période de convalescence, j'ai repris une vie relativement normale et figurez vous j'ai commencé à faire du sport. J'ai repris les voyages et j'ai pu prendre autant de douches et de bains que je le voulais. Certes, il y'avait des précautions et des médicaments à prendre mais ce n'était rien devant ce que je vivais. 

Six mois après mon opération, j'ai participé aux jeux mondiaux des transplantés d'organes en Thaïlande et j'ai même obtenu une médaille en argent. Et puis, j'ai participé aux mêmes jeux à plusieurs reprises et à chaque fois le drapeau tunisien a flotté dans le ciel en l'Australie , en Libye , et ici même en Tunisie.

Je me suis par la suite portée candidate à une bourse Fulbright aux Etats Unis et j'ai réussi à l'obtenir. Et je suis partie à Boston où j'ai enseigné l'arabe à l’université de Tufts. Grâce à cette expérience, j'ai appris beaucoup de choses et de nouvelles leçons de la vie. J'ai rencontré différentes personnes et j'ai beaucoup voyagé.

Avant de partir, j'ai déjà commencé un blog à travers lequel je racontais certaines de mes expériences, et où j'évoquais certains problèmes de la Tunisie notamment ceux liés aux droits humains. Au cours de mon séjour aux Etats Unis, j'ai continué à écrire et j'ai même eu beaucoup plus de courage à le faire.
Rentrée, après une année académique, j'ai continué à m'exprimer et à dénoncer les maux du pays à travers mes mots. Les problèmes ont commencé pour moi et avec la censure, les menaces, et les poursuites policières. Mes parents ont été harcelés au boulot.
Un jour nous avons eu droit à une descente de la police chez mes parents et on a volé mes ordinateurs, appareils photo et tous les supports de données. Ainsi que tout ce qui avait de la valeur d’ailleurs.
Mais à face à cela je n'ai jamais baissé les bras. Mes parents m'ont toujours appris de me battre pour la justice et de ne pas me taire devant les injustices. J'ai certes pu rejoindre l'université tunisienne comme enseignante contractuelle et j'ai du faire face à de nouveaux obstacles mais j'ai toujours su les dépasser.

Quand Mohamed Bouazizi s'est immolé par le feu je n'ai pas pris un temps de réflexion devant de commencer à reporter ce qui se passait. J'ai immédiatement commencé à reporter ce qui se passait. J'ai défié la faiblesse de mon corps et j'ai commencé à me déplacer et pour participer aux manifestations comme citoyenne et comme blogueuse qui voulais dévoiler et répandre la vérité.
Contrairement aux rumeurs que trament les « complotistes » et les adorateurs des théories du « conspirationnisme », je n'ai jamais été formée pour faire cela. D'ailleurs avec tout le temps que je passais alitée dans des hôpitaux ou à lire des livres pour mes recherches je n'avais ni le temps ni la santé pour me déplacer et participer à des formations pour renverser des régimes. 

J'ai commencé à décrire la situation en Tunisie sur mon blog avant de faire des interventions sur différentes chaines de TV étrangères à visage découvert et de recevoir différente menaces des sbires du régime.

Les choses se sont poursuivies ainsi jusqu'au départ de Ben Ali. Et c'est là que je me suis retrouvée sous les projecteurs : des conférences à l'échelle internationale, des prix mondiaux et une nomination aux prix Nobel de la paix, un livre traduit dans plus de 8 langues , des apparitions médiatiques , des propositions pour intégrer le gouvernement.

Ma vie a changé. Mais j'ai aussi commencé à recevoir des menaces. J'ai été visée par des campagnes de diffamation et de dénigrement. Mes parents ont reçu des menaces aussi. Et cela fait maintenant plus de quatre années que je vis sous la protection rapprochée de la police. 


Je continue à rêver pour ma Tunisie, je me déplace pour montrer ce qui se passe un peu partout , j'écris, je dénonce, je m'indigne et je sors encore dans la rue pour protester . J'ai fini par perdre mon travail mais j'ai aussi reçu beaucoup de propositions pour aller vivre et travailler ailleurs mais je les ai toutes rejetées.

J'ai connu le chômage mais je n'ai jamais baissé les bras et je me suis toujours débrouillée. 
Ma famille continue à me soutenir dans tout ce que je fais.
Beaucoup de personnes m'aident à poursuivre mon chemin avec leurs encouragements et messages d'amour.

Parfois, mon corps s'épuise .D'autres fois tout va bien.
Depuis un moment mon corps me prie de le laisser se reposer après ces sept années sans sommeil et sans repos, après sept années de déplacements à travers la Tunisie et dans différents pays car je n'ai jamais pu m'empêcher de me déplacer chaque fois où des personnes m'ont signifié leur besoin de dénoncer des injustices qu'ils subissent.

Je conduis pour des centaines et des centaines de kilomètres et je sillonne le pays. Je prends des photos et j'enregistre des vidéos et j'écris des articles. Maintes fois, J'ai été tabassée par des policiers . J'ai eu droit à des traitements agressifs de leur part qui pouvaient me faire perdre mon rein mais j'ai toujours persévéré.

Aujourd'hui je continue à lutter à travers notre initiative mon père et moi dont le but est de créer des bibliothèques dans les prisons . Je participe à différents luttes et mouvements de jeunes comme Manich Msameh et Hasebhom.
J'ai été à plusieurs reprises insultée, menacée et trahie surtout par des personnes que j'ai soutenues mais j'ai aussi fait des rencontres bénéfiques qui m'ont beaucoup appris. J'ai rencontré des artistes, des intellectuels, des ministres, des ambassadeurs, des présidents . J'ai visité tous les continents et j'ai surtout fait des rencontres merveilleuses dans différentes régions de notre pays. J'ai pu côtoyer des Tunisiennes et des Tunisiens de différents horizons. Ils m'ont appris la spontanéité et la générosité, l'amour et la passion.
Si j'écris ces mots c'est tout d'abord pour démontrer l'importance du don d'organes. Sans cette greffe rénale je n'aurais certainement jamais pu faire ce que j'ai fait et je ne serais peut être jamais devenue ce que je suis devenue. 
Si j'écris ces mots, c'est pour encourager la fille qui ne voulait pas vivre à cause de sa maladie ainsi que toutes les personnes qui sont dans la même situation.
Comme beaucoup de personnes qui passent par ce genre d'épreuves, j'ai pensé au suicide à plusieurs reprises. J'ai maintes fois perdu l'espoir mais à chaque fois je me suis ressaisie. J'ai pensé à la beauté de la vie, au chemin à parcourir, aux rêves à réaliser …
J'ai souffert et j'ai expérimenté la douleur physique et psychologique résultant de l'indélicatesse de certaines personnes qui m'entouraient : « Oh comme tu as grossi , oh comme tu as maigri ! Tu bégayes et tu es trop lente en parlant Ah jadis tu avais une belle peau pourquoi cela n'est plus le cas ? » J'ai été même traitée d'handicapée comme si cela pouvait être une insulte.
Cela fait ,certes ,mal mais il ne faut jamais y faire attention. Il faut croire en soi et toujours aller de l'avant. Il faut suivre notre cœur et faire ce que nous voulons faire tout en ménageant notre corps . Il faut toujours garder espoir car la médecine est toujours en évolution . Ce qui n'est pas curable aujourd'hui pourrait l'être demain.
Maintes fois j'ai pleuré et je me suis lamentée sur mon sort et j'ai pensé à tout abandonner mais à chaque fois j'ai retrouvé la force et l'espoir dans un livre, une chanson, un message d'amour envoyé par une ou un inconnu(e).

lundi 29 janvier 2018

حبيب بمرتبة جلاّد أو جلاّد بمرتبة حبيب



كيف تركناهم يسكنون حياتنا و ذكرانا ؟
كيف جعلناهم يسرقون أحلامنا و يسلبوننا دنيانا؟
كيف فاتتنا تلك التفاصيل ؟
رسالة كريهة لامرأة أخرى على هاتف منسيّ.
تحاليل و تعاليق سخيفة و بغيضة 
حبيب بمرتبة جلاّد أو جلاّد بمرتبة حبيب
كيف تركناهم يقتلون فينا الجنون و يسمّونه مجون ؟
لقد غدرونا يا قلبي و شوّهوا سماءنا بالوعود الواهية
كم أودّ العيش تحت سماء صافية
و أتوق الى ساعات هادئة الى هدنة
تبعدني عن قصف الوعود و الكلمات الكاذبة .

كاماسوترا


تعود الى المنزل و قد أخذ منها التعب مأخذه .

تستقبلها القطط الجوعانة منفذّة وقفة احتجاجيةرافعة شعارات مطالبة بطعامها .و تبدأ المفاوضات و المشاورات للتوّصل الى
حلول ترضي الجميع فهذه الحيوانات الأليفة الرقيقة لا تشبع و لاترضى بما يقدّم لها من طعام بتاتا ...

و بعد النجاح في تحقيق الهدنة تسارع الى الحمام لتترك الماء ينساب في المغطس و تقوم باشعال عود من بخور اختار له مروّدوه اسم كاماسوترا . كاماسوترا كاماسوترا . تردّد هذه الكلمة مرّات عديدة , لتتسارع الأفكار في رأسها فترحل الى الهند و دروس البحث عن اللذة والوضعيات التي تحقّق النشوة و اللذة اللامتناهية للحب ّ ,

ثمّ تتذكّر درويش و تبدأ في دندنة كلمات من درس في الكاماسوترابكأس الشراب المرصّع باللازورد انتظرها على بركة الماء حول المساء انتظرها بذوق الأمير الرفيع البديع انتظرها بسبع وسائد محشوّة بالسحاب انتظرها بنار البخور النسائي ملء النساء ا انتظرها 





لتصل الى الروض العاطر في نزهة الخاطر و افتتاحيته : الحمد الله الذي جعل اللذة الكبرى للرجل في فروج النساء وجعلها للنساء في أيور الرجال. فـلا يرتاح الفرج ولا يهدأ ولا يقر له قرار إلا إذا دخله الأير والأير إلا إذا دخل بالفرج. فإذا اتصل هذا بهذا وقع بينهما النكاح والنطاح وشديد القتال

هكذا قال الشيخ النفزاوي و لم تقل

و تسخر من نفسها و من عود البخور الذي رحل بها حيث رحل ...

و تواصل دندنة كلمات بعض الأغاني المتفرّقة مستمتعة بصوت انسياب الماء في الحوض و انتشار البخار في الحمّام قبل ان تطلق الموسيقى في كلّ أرجاء البيت
الخالدات الفرنسيات و صوت ميراي ماتيو صادحة لقد أتيت لأقول لك وداعا
و ادامو : فلتتساقط الثلوج فأنت لن تأتي الليلة

و تبدأ في التجرّد من ملابسها القطعة بعد الأخرى ملقية اياها و هي ترقص على طريقة الستريبتيز غير عابئة بما طرأ على جسدها من تغييرات بسبب التقدّم في العمر و نكبات الزمان و صدمات عابري السرير ...

ثمّ تتهالك في المغطس و تنتشي بملامسة الماء الساخن و تغمض عينيها لتسكنها الذكريات و تتمنّى للحظة لو تتقيّأ قلبها كما ودّت سيمون ذلك ذات يوم ...

samedi 20 janvier 2018

" Oui ,ma belle , il y a bien une "famille humaine" !



Alors qu'on savourait un coucher de soleil exceptionnel qui donnait à la presqu'île des flamants roses à Djerba des airs de paradis  et à un détour que nous a imposé une dune récalcitrante refusant de se défaire de l'étreinte de l'émeraude marin, nous sommes soudain tombés à pic sur cette  épave de laquelle se dégageait ,malgré sa couleur bleue  , des relents ou des ondes  d'horreur et de trépas.
Si, pas de doute : il s'agissait bien d'une barque rafistolée de toutes pièces dont les jointures n'ont sûrement pas résisté à la houle.
La gorge soudain nouée j'ai longuement regardé les yeux de Papa qui s'embuaient avant de me laisser choir sur le sable lasse et comme engourdie.






Et ce n'est qu'au bout d'un tunnel rendu sans fin et plus compact par une nuit qui n'en finissait pas de s'étendre que j'ai finalement pu revenir à moi-même.Pour m'apercevoir que Papa m'enveloppait de ses bras et me murmurait  des histoires mais si doucement et à voix si basse qu'on dirait que c'était à lui-même qu'il s'adressait.

" Ma Petite , eux-aussi sont venus nombreux chez nous . Certains fuyant des guerres , d'autres attirés par des rêves d'abondance ou tout simplement poussés par la faim...Tu n'as pas connu ces temps-là . Mais jusqu'aux années 1970 vivaient en Tunisie beaucoup d'italiens ,de français, d'espagnols,de maltais ,de grecs et de russes dont la plupart n'étaient ni des colons ni ne relevaient de l'administration de l'occupation...

J'en ai connu certains.

Noelle ... Une  Zaghouanaise dont les parents originaires d'Italie du sud  ont entretenu la grotte-chapelle vivant en parfaite connivence avec les locaux qui s'approvisionnaient chez eux en boissons et spiritueux...

Carlo ,que les gens appelaient Charlot , qui vendait du charbon de bois aux  familles de Béja et qui m'amadouait à force de bonbons pour que je lui écrives des lettres à sa famille en Italie qui finissaient toujours par l'affirmation qu'il était décidé à mourir dans son pays - la Tunisie- et qu'il voulait y être enseveli ...

Cécile aux yeux si verts et toujours souriants qui aimait  faire toujours partir sur de fausses pistes les gens qui voulaient connaître ses origines en affirmant de façon solennelle être "fille du nord" .Et qui se faisait un grand kif chaque fois où elle les voyait incapables de maîtriser leur  surprise quand elle ajoutait :" je suis née à Ain Zebouz ,dans le grand-nord ...tunisien."

Briffa ,le djerbien d'origine maltaise qui a enseigné les mathématiques à pratiquement tous les élèves du collège de Djerba au cours des années 1960-1970 et qui ,après un court séjour en France suite à sa retraite , n'a pu s'empêcher de revenir " dans son vrai pays."

Laris dont les parents,pêcheurs d'éponges, ont quitté leur Grèce natale pour  s'établir à Djerba et qui ,après s'être exilé dans moult régions du monde est venu " se reposer là où il est né "...

Réconfortée et revenue à mes esprits ,mais pas tout-à-fait , je n'ai pu me retenir d'interroger mon père pourquoi il me ,il se , racontait tout cela.

- " Mais c'était pour te dire que tu as tort de condamner les "harraguas" ,ceux-là qui se jettent à la mer sur des rafiots de fortune dans l'espoir de se reconstruire une vie sous d'autres cieux ."

- " Moi les condamner ?"

- " Oui ,t'as bien dit  avant que de te choir : " mais merde , pourquoi partent-ils ainsi ces malheureux ?!"

Je l'ai sûrement dit sous l'effet de l'émotion et de l'indignation.Mais bien que n'ayant pas vécu la Tunisie cosmopolite et parce qu'adoptant profondément les valeurs et principes des droits de l'homme ,il est loin de ma pensée de condamner les migrants quels que soient leurs mobiles et quels que soient les chemins et les moyens auxquels ils ont recours...

- " Oui  ,Père . C'et donc pour cela que je t'ai entendu aussi dire qu'il "y a bien une famille humaine "?

Papa s'est alors lancé dans un long discours dans lequel il m'a démontré qu'il n'y a jamais eu de frontières infranchissables ,que les humains sont toujours allés sous d'autres cieux que ceux sous lesquels ils sont nés ,cela même au risque de leur vie et que " l'idéal commun à atteindre pour tous les peuples et toutes les nations " dont les contours ont été définis par la Déclaration universelle des droits de l'homme exige de nous tous de comprendre les raisons qui poussent des millions de gens à "quitter leur pays" et de "chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays "...

Sur le chemin du retour qui devenait de moins moins sombre du fait des étoiles qui semblaient de plus en plus  nombreuses et si scintillantes et dès qu'on s'approchait plus de ces havres de paix et de loisirs que sont les établissements de la zone touristique  nos pensées se rapprochaient et une  même interrogation  nous travaillait tous les deux :

- "Ces damnés émigrés clandestins qui bravent tous les dangers ne sont-ils pas de fait des résistants de notre temps présent ? Par leur bravoure ,même si inconsciente ,  ne participent-ils pas à pousser l'humanité ,un tant soit peu , vers la réalisation de son idéal ?"

jeudi 11 janvier 2018

تخربيش

عاد في حديث التخريب و التكسيرملّي صغيرة بابا يخدم في كلّ ماهو تجهيز و اسكان و الفازات هاذوكم عاد مغروم و محراث متاع خدمة و كنت مستانسة و نعرف انّو كي يصير فيضان و لاّحادث كبير و لاّغيرو ينجّم مثلا يبات في الخدمة و في اخر الجمعة المحواسات مش وتلة و مناطق سياحية هوكة شوية مناطق طبيعية على شوية اثار على شوية مناطق نائية و شوية كياسات قاعدة تتخدم و في الاثناء زادة حديث على شوية تاريخ و جغرافيا و هندسة معمارية و علم اثار و بنية تحتية المهم من خلال هذا كلّ تعلّمت نحبّ قطعة الارض اللّي عايشين فوقها و اللّي بدات تضياق علينا حسب ما شفت وولّيت نحسّ كلّ شبر منها حاجة منّي و بالطبيعة كي نحسّو اللّي حاجة متاعنا نعملو كلّشي باش نستحفظو عليها . 
عاد و احنا صغار كانوا صحابي يفدّو منّي خاطر في حومتي في الزهراء كان عنّا المسبح ( اللّي توة قريب يحضر بعد الاشغال و التجديد مع تاخير طويل و عريض) اللّي هو انجاز من عهد الفرنسيس و يحكيولي اللّي هو كان حاجة هايلة برشة قبل ما يهجم البحر عالزهراء في نهار من نهارات و يكسّر المسبح و الديار . عاد بلدية الزهراء كلّ مرّة تجي تصلحو زعمة زعمة و تحطّ فيه ملايين كان مش مليارات و كلّ مرّة تطلع فيه مشكلة . و احنا ولّينا نمشيو نلعبو غادي في الشايح . عاد صحابي كانو يتنقرسو منّي خاطر مالحاجات اللي كانو يعملوها هي تقليع الزليز متاع البيسين هكاكة عالجوّ و كنت انا نبدا نصيح و مش عاجبني و نبدا نستعرض عليهم في دروس ضرورة المحافظة عالاملاك العامة و البنية التحتية خاطرها ملكنا الكل ّو عاطية ما عندي و هوما عامليني تكركيرة ... و يقولولي مافيبالناش بوك كرزة باش تملك البيسين ,
ما تستغربوش انّو اليوم انسان ما يرحمش البلاد و يبجا يكسّ خاطر عمرنا ما كبرنا بعقلية الممتلكات العامّة متاعنا ملك الناس الكلّ و لازم نستحفظو عليها و كبرنا بعقلية رزق البايليك و اخطى راسي و اضرب و المهمّ عدّي راسك و ماعليكش ...
نحبّ نسال العباد اللّي جايبتها خاطيها الاعتداء على ممتلكات الدولة و كذا و كذا : قدّاش من مرّة حلّيت شبّاك كرهبتك و طيّشت زبلتك ؟ قداش من مرّة حلّيت سروالك و شرشرتها في الشارع ؟ قدّاش من مرّة بزقت في الشارع ؟ قدّاش من مرّة لوّحت زبلة البني متاعك في بلايص مش مهيّئة للغرض ؟ قدّاش من طاق بنيتو بلاش رخصة , قدّاش من طرف مالشارع ماخذو من غير وجه حقّ باش تحط عليه كراسي قهوتك و لا تيندة لكرهبتك ؟ 
وقيّت باش نفيقو على رواحنا و نفهمو الّي تونس متاعنا الكلّ و اللّي لازم نحسبو كلّ طرف منها ملكنا الخاص و نتصّرفو فيه كيما نتصرّفو في ديارنا و نستحفظو عليه . ما تستغربوش اليوم كي صغار يخرجو يكسّرو اسالوا رواحكم علاش و كيفاش و حتى كان فمة شكون يدفعلهم اسالوا رواحكم علاش قبلوا باش يخرّبوا بلادهم بارخص الاسوام .
وقيّت باش نتحمّلو مسؤولياتنا الناس الكلّ و نشوفو حقيقتنا قدّاش خايبة .

mercredi 3 janvier 2018

عاشقة من افريقية مجموعة قصصية لمها الجويني

فاجأتني العاشقة القادمة من افريقية أمس صباحا بنسخة الكترونية من مجموعتها القصصية "عاشقة من افريقية" . نعم انّني أتحدّث عن الناشطة الحقوقية و الكاتبة مها الجويني. و دون انتظار بدأت في قراءة 
القصص و شدّني الكتاب فأنهيته في سويعات قليلة .





القصص متنوّعة و لكنّ كلّ البطلات نساء . كلّ تخوض معركتها ضدّ المجتمع الذكوريّ بطريقتها الخاصّة. عاشقة من افريقيّة قصص عن الحبّ و عن سكيزوفرينيا المجتمعات العربية الذكورية و سكيزوفرينيا الذكور ممّن يدّعون التقدمية و التحرّر .
تأخذنا القصص أيضا في رحلة عبر ربوع افريقية و عبر التاريخ و عبر عادات الراسخة في بعض المناطق التونسية فنزور بعض ال"صلاّح" كسيدي بومخلوف و نستنشق نسائم جبال الكاف و تتماهى الرّوح مع الجسد في رقصة محمومة و نحن نقرأ كلمات بعض أغاني تراثنا

هام رحلوا بيك ما قدرت انهني يا أم الغثيث المحني
نطلب عالربي غزال الي شرد يولي..
ثم نفرح ونحني هام رحلو بيك يا عيون الدودة يا خد ياقوتة
الحلقة الفضة ومعاهم محرمة سودة نطلب عالربي الغزال الي يشرد يولي ثمة نفرح ونغني”.

و يستوقفنا الوشم الذي يزيّن وجه الجدّة البركانة و قدنتذكّرأيّام الجامعة و "نضالات" بعض الطلبة بين 

أروقة الجامعات و حانات العاصمة …


قد نحزم أمتعتنا الى أديس أبابا أو الكويت متابعين هذه المرأة أو تلك في معركة تخوضها من أجل لقمة العيش أو رحلة عشق .

و مع عاشقة افريقية غالبا ما تكون المرأة هي المنتصرة في هاته المعارك رغم الوجع و الألم و رغم تسلّط هذا المجتمع فالمرأة هي صاحبة القرار الأخير مهما كان هذا القرار . سواءا أكان رحيلا أو . رتق غشاء بكارة لنيل ما تريد

مع عاشقة افريقية تواجه التونسية الصور النمطية للعاهرة و الشرموطة التي أ سقطها عليها و الخليجيون و تتحدّى ذلك السلفيّ المتزمّت الذي كان في عهد ماض تاجر مخدّرات و خمور و هي تكشف نفاق ذلك الطالب الذي يدّعي الثورية و هو يلقي الخطابات في الاجتماعات العامة في الجامعة و هي تروي اضطرابات ذلك الكاتب التونسيّ الذي لبس رداء المقاومة الفلسطينية و عانق الشرق متناسيا تونسيته

عاشقة من افريقية هي قصص كتبت بقلم المؤنّث و رسمت شذرات من حياتنا بعيني امرأة متحرّرة تناضل من أجل مساواة فعلية بعيدة عن الشعارات . مساواة نعيشها في حياتنا اليومية بعيدا عن قاعات اجتماعات و محاضرات منظمات المجتمع المدني مساواة نعيشها في حي الزهور و الملاسين و جبال الكاف و غيرها من مناطق تونس و أحيائها …


lundi 1 janvier 2018

بيان إلى كلّ من يهمّهم الأمر





ونحن نعيش الذّكرى السّابعة للثّورة يهمّني أنا لينا بن مهنّي المعروفة - كمدوّنة وناشطة في مجال صحافة المواطنة وفيما يتعلّق بالدّفاع عن حقوق الإنسان - بتسمية "بنيّة تونسيّة " والحائزة على المستوى الدّولي على كثير من التّكريمات ذات الصّلة بالثّورة وكشابّة تونسيّة عشت كثيرا من أحداث الثّورة و أنعم بمنجزاتها وأصبو بل أسعى كلّ يوم إلى أن أكون بشرا كسائر البشر وأن تنطبق عليّ صفة المواطنة الصّحيحة بعنصريها :الواجبات والحقوق - أن أعبّرعلى الملإ وبصوت عال عمّا يخالج نفسي من أسى وغيظ ،ومن أسف وغضب ،ومن وجع وامتعاض،ومن حسرة وسخط ، ومن خجل وحنق بسبب عدم إصدار الجهات المكلّفة لقائمتي شهداء الثّورة وجرحاها.
وإنّني لا أجد ما أقوله لعائلات الشّهداء وللجرحى وذويهم سوى أنّني أقاسمهم وجعهم ومثلهم لا يقنعني أيّ مبرّر لهذا الجحود الآثم ولهذه الاستهانة الخسيسة ولا أفهم لا كيف يسكت المجتمع المدنيّ بمختلف تعبيراته عن هذه الفضيحة الكبرى ولا كيف تتمادى مؤسّسات جاءت بها الثّورة ويسّرتها تضحيات شهدائها وجرحاها ونعتت بالمستقلّة في مشاركة السّلط صمتها المطبق في الخصوص وتهاونها البغيض.
ومن منطلق التّشبّث بالأمل والإيجابية أتمنّى أن يتمّ الإسراع في تجاوز هذا الجحود المنكرقبل أن ندخل العام الثّامن للثّورة . إلاّ أنّني أدعو المؤسّسات والهيئات والجمعيات والمنظّمات ذات الصّلة إلى أن تتهيّأ للمبادرة في حال تلدّد السّلط بإصدار القائمتين وإن دون اكتمال وانطلاقا ممّا يتوفّر من معطيات ومعلومات.
وأنا ممنونة مسبقا لكلّ من يجد في نفسه سببا يدفعه ليساند هذا البيان بما يراه ويتيسّر له.




samedi 30 décembre 2017

On Slacktivisme

Selon Wikipedia le slacktivisme (littéralement « activisme paresseux »), est un mot-valise formé par la fusion du terme anglais slacker (« fainéant ») et du mot « activisme », est une forme de militantisme sur Internet qui s'est développé dans les années 2000 avec l'avènement des réseaux sociaux et qui consiste à cliquer pour participer à un mouvement collectif virtuel sans s'engager plus activement et concrètement.
J'estime que notre plus grand problème aujourd'hui c'est le slacktivisme. J'ajouterai que l'égocentrisme est aussi un obstacle à l'évolution du processus démocratique en Tunisie. 
Aujourd'hui, ce qui nous manque le plus c'est le dévouement, l'altruisme, la passion, et la générosité. 

Certes, les réseaux sociaux ont été efficaces pour la médiatisation de certaines causes. Certes, nous les avons utilisés pour faire réussir plusieurs actions de charité et pour faire de la pression sur les autorités concernant certaines causes. Cependant, l'histoire a bien démontré que cliquer sur un bouton "j'aime" ou écrire un statut super révolutionnaire plein d'enthousiasme ne sont point suffisants pour faire la différence. 
Certes “Les mots, "ces passants mystérieux de l'âme", sont de grands magiciens et de redoutables entraîneurs de foules.”comme l'a dit Poincaré mais je pense que si les mots ne sont pas combinés à des actions concrètes ils perdent de leur force et pouvoir. 
C'est si bien de s'exprimer, de s'indigner, et de dire Non alors qu'on est installé confortablement sur son canapé mais ce que serait mieux c'est de sortir exprimer sa colère dans la rue . 
Quand j'ai vu la réaction des Tunisiens et des Tunisiennes face à l'interdiction aux tunisiennes d'accéder aux Emirats 
Arabes Unis, quand j'ai vu le nombre de personnes qui appelaient à manifester, j'ai cru que j'allais retrouver une foule grandiose devant l'Ambassade des Emirats Arabes Unis mais hélas il semble que la gangrène a touché toute la société tunisienne, la société civile incluse. 

Je ne me place pas ici en donneuse de leçons et je ne cherche pas à jouer les héroïnes ou les révolutionnaires mais je suis plutôt entrain de lancer un cri d'alarme. L'ogre est entrain de nous dévorer. Face à cela nous nous contentons de quelques statuts, de quelques "jaime", et de quelques déclarations de dénonciation. Nous nous battons , hélas pour un leadership et héroïsme qui nous ont fait perdre le nord.

lundi 18 décembre 2017

Just saying

Je balbutie en parlant. A l'oral, j'ai des difficultés à m'exprimer ( ceci est valable pour l'arabe, l'anglais, et le français).



D'une part, je suis une personne introvertie.D'autre part, j'ai beaucoup de problèmes de santé qui affectent entre autres mon système respiratoire et me causent des problèmes de respiration d'où des problèmes d'articulation et de prononciation.
Cependant, j'ai accompli des choses que mes détracteurs n'ont pas réussi à faire. 
Malgré tous mes problèmes physiques et psychologiques, j'ai réussi à m'exprimer devant des milliers et des milliers de gens. J'ai donné des discours dans des salles de théâtre prestigieuses, dans des salles de conférence grandioses, dans des amphithéâtres de grandes universités internationales.J'ai pu avoir des échanges avec des présidents, des ministres , des députés, des ambassadeurs, des intellectuels, des artistes, des journalistes partout dans le monde. 
J'ai surtout réussi à donner une voix à plusieurs de mes compatriotes et j'en suis fière. 
Continuez à me rabaisser et à me dénigrer et je continuerai à vous surprendre avec mes idées, mes mots , mais aussi mes actions. 

lundi 13 novembre 2017

"ضحكولو تمدّعلى طولو " أو مهزلة قانون زجر الاعتداء على الأمنيين .

أياما معدودة بعد رحيل الدكتاتور خرج الأمنيون متباكين طالبين الصفح و الاعتذار من الشعب الذي قمعوا , و بعد مدّة قصيرة أخرى خرجوا متباكين مطالبين بتكوين نقابات ورافعين شعار الأمن الجمهوري و في هذا اعتراف بأنّهم لم يكونوا أبدا أمنا في خدمة الوطن و المواطن و الجمهورية بل في خدمة المافيا التي كانت و لازالت تحكم قبضتها على رقاب المواطنين و كان لهم ما أرادوا . و تكوّنت النقابات لنفاجأ بعد ذلك بتنصّلهم من مسؤوليتهم فيما يتعلّق بقضايا شهداء و جرحى الثورة . و خرجوا علينا بعد مؤتمر سوسة أو دعوني أقول مؤامرة سوسة بالفصل السابع من بيانهم و الذي بيّنوا فيه تنصّلهم من المسؤولية فيما يخصّ المجازر التي ارتكبوها خلال أيام ديسمبر2010 و جانفي2011 وقد تم إقرار الحق النقابي الأمني بمقتضى المرسوم عدد 42 لسنة 2011  في 25 مايو 2011 ثم تم تكريس هذا الحق دستوريًّا في دستور الجمهورية الثانية . و مع تواتر الأحداث الارهابية تعدّدت مظاهرات الامنيين المطالبة بالترفيع في الأجور و المنح المختلفة و كان لهم ذلك في كثير من الأحيان . و ساندناهم جميعا و كنّا في صفّهم كلّما تعلّق الأمر بالاعتداءات الارهابية عليهم . فخرجنا في مظاهرات و مسيرات و شخصيا بلغ منّي الغباء الى درجة المشاركة في مسيرات توزيع الورود على المراكز الأمنية فقد كان الأمل وقتها هو بناء تونس تتسّع لجميع أبنائها رغم أنّني مقتنعة أنّ ما يقومون به واجبهم فهم من اختاروا الالتحاق بهذه المهنة و هم يتلّقون أجرا مقابل تأديتها . و قد ساندت العديد من الامنيين الذين خلت أنهم تعرّضوا الى مظالم ايمانا منّي بالانسانية و مبدا المساواة بين جميع البشر. و لكن انتهازية هؤلاء و جشعهم لا تعر حدودا فها أنّهم اليوم يطالبون بتمرير قانون لن يساهم في مقاومة الارهاب .






 فمن الغباء تصوّر أنّ هذا القانون المهزلة من شأنه أن يحدّ من اعتداء ات الارهابيين على المواطنين فالارهابيون يحلمون بنيل الشهادة لملاقاة حور العين في الجنّة و يرون في الأمنيين طواغيت و في قتلهم طريقا سريعة الى هذا المبتغى . هم لا يؤمنون لا بالدولة و لا بقوانينها . هذا القانون سيسلّط على الضعفاء من بنات و أبناء هذا الشعب بل سيكون سيفا يسلّط على رقاب كلّ من يؤمنون بانسانيتهم و انسانية غيرهم و يصدحون بأصواتهم أمام التجاوزات التي لا يتوانى بعض الأمنيين على القيام بها . نعم سيسلّط هذا القانون سيفا على رقاب كلّ من يندّدون بالاعتداءت الأمنية على المواطنين و التعذيب و ممارسات من قبل الرشوة و غيرها . هذا القانون لن يحدّ أبدا من غيّ الارهابيين و جنونهم وتوقهم الى اسالة الدماء هذا القانون ارهاب سيكرّس الارهاب فالقمع لن يولّد سوى المزيد من النقمة و التطرّف. و هاهي بعض النقابات الآن تهدّد بالاضراب و برفع الحماية عمّن يهدّد الارهابيون حياتهم في اعتداء صارخ على الدستور و الدولة و البلاد و العباد و الدستور الذي دفع التونسيون ثمنه غاليا . معتدين على الدستورفي فصله ال 35  و الذي يقول :
«الحق النّقابي بما في ذلك حق الإضراب مضمون، ولا ينطبق هذا الحقّ على الجيش الوطني، ولا يشمل حقّ الإضراب قوات الأمن الدّاخلي والديوانة»
و على قوانينهم التاسيسية فالفصل التاسع للقانون الأساسي للنقابة الوطنية لقوات الأمن الداخلي مثلا يقول حرفيا
" لا تمارس النقابة الوطنية لقوات الأمن الداخلي الإضراب عن العمل الأمني ولا تدعو إليه."
ما يحدث مخز و لا يمتّ للعمل النقابي بصلة و لا علاقة له بمقاومة الارهاب هو توق للتغوّل و حنين للماضي المرعب و توق لاتهاك حقوق الانسان . و ماهكذا تحمى حقوق الأمنيين . 
رحم الله شهداء هذا الوطن من مدنيين و أمنيين و عسكريين و لكن ما هكذا تحمى الحقوق و ما هكذا يقاوم الارهاب و الاجرام على اختلاف أنواعه .